BOUILLON DE CULTURE

"Les hommes ont une pente merveilleuse à s'imaginer qu'ils amuseront les autres par les mêmes moyens par lesquels ils sentent qu'ils peuvent être eux-mêmes amusés."

Cardinal de Retz

 
 
 

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Ici, vous découvrirez l'origine de quelques mots et expressions courant(e)s... Instructif! Alors... POURQUOI?

Pourquoi dit-on "prendre son pied"?   Allons à la chasse... Après avoir achevé la bête, on procédait à la "cérémonie du pied", accompagnée par la sonnerie des cors. Le veneur levait le pied de l'animal et le coupait à la première jointure; puis il le posait sur un linge et, faisant le tour des invités, il le présentait à celui d'entre eux qu'il voulait tout particulièrement honorer. Cet "honneur du pied", moment de jouissance et de récompense ultime consistait pour l'honoré à "prendre son pied"...

Pourquoi appelle-t-on "sommelier" le responsable des vins?  Fêtons ou faisons un peu l'âne... Parmi les gens de bouche, une personne, préposée aux vins, avait pour fonction exclusive de commander et de réceptionner le vin, qui était acheminé jusqu'au château à dos d'âne, plus communément appelé "sommier" ou "bête de somme"... La tâche qui consistait à réceptionner les bêtes et leur charge fut baptisée "charge de sommellerie", donnant au responsable de cet emploi le titre de "sommelier"...

Pourquoi dit-on d'un homme emprisonné qu'il est "au violon"?  Mettons-nous à l'ombre... Autrefois, à Paris, la prison du bailliage, située dans les galeries du Palais de justice, servait spécialement à enfermer pages et valets, qui troublaient trop souvent par leurs cris et leurs jeux les audiences du parlement. Par stipulation de bail qui remonte au temps de Louis XI, un violon devait être fourni par le luthier des galeries du Palais afin de rendre moins pénible la captivité de ces artistes. On disait ainsi, d'un valet emprisonné, qu'il avait été "mis au violon"...

Pourquoi calcule-t-on la vitesse d'un bateau en "noeuds"?  Jetons-nous à l'eau... Initialement, on utilisait un morceau de bois au bout d'une longue corde que l'on lançait à la mer; on mesurait la longueur de corde déroulée pendant un temps déterminé (le temps d'une prière ou de toute autre formule) pour apprécier la vitesse du bateau. A partir du XVe siècle, on a ajouté des noeuds à intervalles réguliers sur la corde; il ne restait plus qu'à compter le nombre de noeuds déroulés pendant un temps donné, ce qui donnait le nombre de noeuds à l'heure...

Pourquoi dit-on "boire un canon"?  Allez, santé! Quand on dit que le travail, c'est la santé... Avant de se mettre au travail, les ouvriers buvaient dans un cannon, diminutif de canne, godet qui servait à mesurer les liquides...

Pourquoi dit-on en "monnaie de singe"?  Allez, une petite grimace... Pour être autorisés à entrer dans Paris, les marchands ambulants devaient emprunter le pont aux Changeurs. L'argent étant rare, on pouvait s'acquitter de son droit d'entrée dans la Cité en rubans, aiguilles ou autres marchandises. Seuls les jongleurs étaient exemptés de cette obligation pécuniaire et pouvaient payer le droit de passage par "pitrerie": ils jonglaient ou faisaient danser leur singe, d'où l'expression qui nous est parvenue...

Pourquoi dit-on un "maître coq"?  Allez, un peu d'étymologie... Du latin coquus, cuisinier et de coquere, cuire, le "coq" n'est donc autre que le cuisinier sur un navire... A terre, on appelle chef des cuisiniers, maître queux...  

Pourquoi le pique-nique s'appelle-t-il ainsi?  Allons "niquer" (ou pas)... Au Moyen Age, les "déjeuners sur l'herbe" consistaient à apporter chacun son plat pour composer un repas en plein air. Les pique-niques, qui remontent à la fin du XVIIe siècle et sont basés sur le même principe, se faisaient aussi bien à l'extérieur que chez un particulier. Chacun "piquait" ou "allait à la pique", c'est-à-dire picorait en racontant des "niques", des choses futiles, des mondanités. Cette coutume nous a aussi laissé le "pique-assiette", qui profite des soirées mondaines (ou pas) pour se mêler aux convives et "piquer" çà et là sa pitance gratuitement...

Et le hamburger?  Allons nous en payer une tranche... Pas plus américain que le hot-dog ou le sandwich, le hamburger est né en Allemagne, à Hambourg. Au XIXe siècle, beaucoup d'Allemands émigrèrent aux Etats-Unis, et le port de Hambourg se spécialisa dans ces voyages d'émigration. A bord, le steak haché était le menu incontournable et les Allemands en étendirent la consommation dans tout le pays. Deux frères, Maurice et Richard MacDonald; décidèrent de monter un stand près d'un cinéma, où ils vendaient ces steaks hachés de Hambourg entre deux tranches de pain... On connaît la suite!

Pourquoi le parchemin porte-t-il ce nom?  Jetons l'encre...  Le parchemin est né de la rivalité entre Alexandrie et Pergame, villes culturelles qui possédaient l'une et l'autre une bibliothèque colossale. Mais Pergame dépendait de l'Egypte pour la fourniture du papyrus. Le pharaon, jalousant la bibliothèque rivale, mit l'embargo sur l'exportation du papyrus. Les Pergamiens durent alors trouver une matière première de remplacement, des peaux d'animaux, notamment de chèvre. Ainsi naquit la charta pergamena, c'est-à-dire le "papier de Pergame". Ce support continua d'être appelé pergamena, qui devint notre "parchemin" français...    

(à suivre)

 

                           

                                                             

 

 

 

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